SORTIR DE SA ZONE DE CONFORT POUR PROGRESSER, EN ETES-VOUS SûR ?

On rencontre régulièrement la croyance selon laquelle il faudrait « sortir de notre zone de confort » pour progresser ou s’exprimer de façon créative.

Je pense exactement le contraire !

 

Je vous propose d’entrer dans votre zone de confort pour vous exprimer de plus en plus librement.

L’expression authentique est incompatible avec l’effort, la tension ou le risque ; elle s’épanouit au contraire dans la fluidité, l’échange, la liberté.

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L'approche exigeante et l'approche bienveillante

Régulièrement sur internet ou sur les réseaux sociaux, nombre de propositions de développement personnel nous promettent de changer pour une vie meilleure.

Ces propositions s'appuient schématiquement sur deux types d'approches :

- L'approche dite bienveillante qui valorise le cocooning et la sécurité.

- L'approche exigeante qui valorise plutôt l'effort et la discipline.

Je ne parlerai pas de l'approche dite bienveillante, qui a nettement ma préférence, même si ce concept, très en vogue en ce moment, est de plus en plus dévoyé ou mal compris.

 

Sortir de notre zone de confort : un slogan habituel

L'approche exigeante est nettement la plus répandue pour obtenir un changement rapide, que chacun souhaite dans notre société de la performance.

Ainsi pour réguler son poids, le régime s'appuie sur la discipline;  pour améliorer nos performances sportives ou scolaires, il faut s'entrainer encore et encore; pour réaliser des progrès comportementaux, nous sommes invités à "sortir de notre zone de confort".

L'hypothèse sous-jacente est qu'il est nécessaire de nous secouer, de nous mettre la pression pour pouvoir changer. Cela véhicule l'image que le changement est difficile, qu'il se fait dans l'effort, voire dans la douleur.

Personnellement, ce n'est pas le genre d'arguments qui est de nature à me motiver !

Les recettes de la performance (mal)appliquées au développement personnel

Tout naturellement, les recettes de la recherche de la performance, sportive ou autre, ont été appliquées au développement personnel.

Or, le changement comportemental est plus subtil qu'une simple mobilisation.

Changer nécessite de mettre en lumière des croyances, arbitrer entre des valeurs parfois en conflit, affronter des peurs, intégrer des parts insécurisées de nous-mêmes qui se sont mises en retrait etc.

 

C'est la raison pour laquelle il est souvent plus aisé d'améliorer ses performances dans un domaine que de changer son rapport à l'alimentation, par exemple.  

Explorons donc le concept de "zone de confort" pour nous y retrouver.

Le concept de zone de confort

Le concept se base sur une expérience en psychologie menée en 1908 par Robert M. Yerkes et John D. Dodson. L'hypothèse est que nous aurions besoin de nous trouver dans un léger état d'anxiété ou de pression pour être motivé...

Le rendement ou la performance d'un être humain serait directement lié à l'excitation que procure le dépassement de soi.

Se mettre dans un état de stress léger pour nous motiver...Belle idée !

Il semble que les professionnels du management aient usé ou abusé de ce concept, qui est d'ailleurs largement enseigné actuellement.

Voici le schéma classique qui préconise de sortir de sa zone de confort pour traverser la zone de peur et accéder à la zone d'apprentissage, nécessaire au changement.

Cela toutefois, sans entrer dans la zone de danger.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Différence entre performance d'un être humain et son expression authentique.

Le rendement ou la performance d'un être humain est tout à fait différent de son expression authentique.

Or en matière de développement de soi, l'idée est plutôt d'aller vers des comportements authentiques. Et c'est là toute la différence.

 

Rendre les individus productifs n'est pas le même objectif que leur permettre d'exprimer leur potentiel et leurs talents.

Dans le premier cas, nous sommes dans l'optimisation opérationnelle, dans le second, nous sommes dans le développement de soi.

Récemment, il y a de plus en plus une recherche de convergence entre désir de réussite professionnelle et développement de soi.

Il devient chaque jour plus évident que la coopération, le management participatif et le bien-être au travail sont nécessaires à l'expression personnelle du potentiel de chacun, qui est une condition pour des résultats durables et satisfaisants pour tous.

Ceci dit, plus que jamais, le slogan "Sortir de sa zone de confort" reste omniprésent dans le langage courant comme dans les promesses des acteurs du développement personnel.

Pour le développement de soi, la zone de sécurité affective

Pour s'exprimer de façon authentique, le concept de zone de confort à dépasser ne me semble donc pas convenir.

Je lui préfère celui de zone de sécurité affective.

La question est : dans quel état dois-je me trouver pour m'exprimer librement, exposer ma vérité, oser ma fragilité, être à l'écoute de ce que je suis et ce que je veux vraiment ?

L'animation régulière de formations en entreprise et d'ateliers d'expression de soi me conduit à penser que c'est la sécurité affective qui ouvre à soi-même, puis aux autres.

Le but n'est pas simplement d'agir, de "se bouger", mais de bouger juste, de créer un mouvement juste qui part de sa vérité.

Plus une personne est à l'aise, confortable, plus elle va être curieuse et avoir envie d'aller explorer à l'extérieur. La curiosité peut se muer en enthousiasme qui à son tour peut se développer en jubilation.

Le schéma précédent laisse alors la place au schéma suivant :

 

 

 

 

 

 

Nous pourrions modéliser d'une façon analogue le processus de repli sur soi, lorsque la sécurité affective n'est pas présente.

La personne insécure peut commencer par douter d'elle-même ou de son entourage, puis à en avoir peur, enfin peut entrer en conflit ou en fuite.

 

 

 

 

 

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Gérer l'insécurité, provoquer l'enthousiasme

Pour retrouver la sécurité affective, il est nécessaire de cesser de lutter ou de fuir; ce qui n'est pas toujours facile. Puis, d'affronter ses craintes, puis ses doutes, ce qui n'est pas simple on plus. 

Pour cela, créer une atmosphère de sécurité est largement plus efficace que "mettre la pression".

Une fois une sécurité affective plus ou moins (re)trouvée, la seconde condition de l'expérience est de provoquer l'enthousiasme.

Faire naitre la curiosité, susciter l'espoir, sont les chemins qui vont mener à l'enthousiasme. Celui-ci peut parfois se muer en jubilation dans laquelle l'action, le plaisir, la vivacité sont décuplés.

Pour se développer, sortir de sa zone de confort ou entrer dans sa zone de sécurité ?

Le concept de zone de confort, issu d'une approche qui vise l'amélioration des performances n'est pas adapté au développement de la personne.

Nous devrions plutôt parler de "sortir des ornières de la passivité, de l'anesthésie, de la fuite". Or justement, pour en sortir, il est nécessaire de :

1. sécuriser

2. provoquer l'espoir et l'enthousiasme

Un parti pris d'animation de mes ateliers pédagogiques : sécurité, jeu et enthousiasme

J'ai pris le parti d'animer mes formations et ateliers en plaçant d'abord la sécurité affective au centre, et de proposer des mises en actions dynamiques, ludiques, propres à susciter l'enthousiasme, parfois la jubilation.

J'observe que les participants à mes ateliers, dans le climat bienveillant qui leur est offert, s'ouvrent rapidement à eux-mêmes et aux autres.

Le climat devient rapidement fluide et joyeux.

Après ce type d'expérience, les participants disent qu’ils se « lâchent" plus, tant "en salle" que dans la vie courante, et qu’ils sont plus à l’aise avec leurs émotions.

En bref : sortir de sa zone de confort ET entrer dans sa zone de sécurité

Pour conclure sur cette fameuse zone de confort, je dirais que la seule chose que je demande aux participants à mes ateliers, est de...sortir de chez eux !

Etre présent sur place est la seule condition qui leur est demandée.

Il faut parfois faire un certain effort pour cela, prendre une décision, un risque, un temps ("se libérer" comme on dit)... c'est "sortir de sa zone de confort" !

Pour la sécurité affective et l'enthousiasme, c'est mon travail.

Paradoxalement, c'est en s'écartant des idées simplistes liées à l'impératif de performance que nous arrivons à une simplicité.

Simplicité tellement sécurisante et à la fois porteuse d'ouverture au monde.

La douceur, la lenteur et l'humilité ne sont pas les ennemis de l'enthousiasme, bien au contraire, ce sont leurs plus précieux fondements.

C'est en tout cas dans cet esprit que j'inscris ma pratique de l'accompagnement individuel et collectif.

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